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Forum d'aide aux alcooliques. Nous nous référons au programme de rétablissement des alcooliques anonymes


    MES DEUX ALLERGIES: L'ALCOOL ET DIEU

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    MES DEUX ALLERGIES: L'ALCOOL ET DIEU

    Message par Invité le Mar 3 Fév - 20:06

    TEMOIGNAGE EXTRAIT DU BIG BOOK DES ALCOOLIQUES ANONYMES.

    MES DEUX ALLERGIES: L'ALCOOL ET DIEU

    Mon prénom est Jacques et je suis alcoolique. Mon curriculum vitae ne précise pas que je suis alcoolique, mais il révèle que je suis né en 1931, marié et sans enfant. J'ai d'abord fait carrière en radiotélévision: je suis essentiellement un créateur. Par la suite, j'ai évolué au sein de l'administration publique comme spécialiste en information et relations publiques. Enfin, je me suis retrouvé à la direction des communications d'une boîte prestigieuse. Je détiens un poste de commande. J'occupe une position sociale enviable et pourtant... je suis alcoolique!
    Je crois que mon chiffre chanceux est le trois. En effet, j'en suis à ma troisième carrière et à ma troisième femme. J'ai deux frères et une soeur. Montréal, c'est mon troisième port d'attache. Je me suis fait hospitaliser trois fois en psychiatrie et trois autres fois en clinique de désintoxication. Que dire de plus? Ce simple constat mathématique, qui n'a rien à voir avec la règle de trois, est suffisamment éloquent, vous en conviendrez, pour démontrer que je suis alcoolique et que j'ai dû surmonter de profonds problèmes de personnalité qui m'ont conduit aux portes du suicide.
    Pourquoi suis-je alcoolique? Parce que mon organisme a contracté une dépendance. Je suis impuissant face à l'alcool. Je dois avoir une ou deux cellules qui fonctionnent à rebours: l'alcool n'étanche pas ma soif, il l'a déclenche et l'entretient.
    Comment suis-je devenu alcoolique? en buvant! Pas nécessairement des quantités énormes ni de façon régulière. J'ai été un buveur périodique: j'ai déjà été complètement abstinent sept ans d'affilé et je ne connaissais pas les AA . Dans un diagnostic d'alcoolisme, ce n'est pas tant la quantité ou la régularité qui compte: c'est le symptôme "dépendance" qui constitue le facteur clé.
    Pourquoi ai-je bu? Au début, pour être bien accepté dans mon milieu de travail. J'étais dans la vingtaine. Ensuite, pour le plaisir. J'ai vécu des expériences extraordinaires grâce à l'alcool et certains souvenirs de cette période sont parmi les plus riches de ma vie. Finalement, j'ai bu par besoin, à la recherche d'un équilibre émotif. Dans ce sens, l'alcool m'a souvent servi. Mais il m'as joué de bien mauvais tours et c'est pourquoi je me remettais invariablement au régime sec après chaque cuite. Alors, pourquoi la cuite suivante? Toujours pour prévenir l'explosion émotive, pour empêcher la catastrophe psychologique.
    À ce stade, mon mode de fonctionnement ressemblait à celui d'une marmite sous pression, prête à éclater à la moindre surchauffe. Et comme toute bonne marmite, j'avais une soupape de sécurité: l'alcool. Lorsque les contrariétés de la vie poussaient ma pression intérieure à la limite, j'actionnais la soupape: un peu... beaucoup d'alcool et la pression retombait à la normale. Et les problèmes changeaient de place. Mon instinct de conservation me commandait d'assumer les conséquences désastreuses d'une cuite, comme solution de dernier recours, pour éviter de sombrer dans la dépression ou la folie.
    Je n'exagère pas mes propos, car j'ai effectivement sombré dans la dépression la plus profonde chaque fois que j'ai volontairement faussé le jeu de la soupape. Par exemple, mes périodes d'abstinence trop prolongées ne m'ont pas été bénéfiques sous tous le rapports puisqu'elles m'ont conduit à l'internement psychiatrique. Les médicaments sont arrivés à la rescousse. J'ai toujours bien réagi aux somnifères et aux tranquillisants, mais très mal aux antidépresseurs. Comme je suis un dépressif bipolaire, autrefois qualifié de maniaco-dépressif, on m'a traité au lithium. Fiasco complet et seul l 'effet secondaire laxatif du lithium a agi sur moi, provoquant parfois une incontinence souvent intempestive. Il nous a donc fallu en revenir aux électrochocs qui me vont comme un gant et que je touve beaucoup moins pénibles qu'une visite chez le dentiste.
    Sans alcool, je ne serais pas devenu alcoolique. Je serais demeuré un simple névrosé, comme tout le monde. Je ne crois pas au prétendu "tempérament d'alcoolique". Il y a les gens équilibrés, et... les autres! Et tous les névrosés du monde pourraient se reconnaître lorsqu'on décrit le fameux tempérament alcoolique. Quand à moi, je préfère parler de névrose et nul doute que la mienne s'est avérée plus profonde que d'autres.
    Je suis arrivé chez les Alcooliques Anonymes à l'âge de 40 ans. C'était au moi d'octobre 1971, un samedi soir. Ma femme m'accompagnait. ( c'est elle qui, à ma demande, avait établi un contact téléphonique avec les AA.) Nous nous sommes présentés quelques minutes avant le début de la réunion. Je ne me sentais pas particulièrement fier, mais résolument décidé.
    J'ai eu le temps de jeter un coup d'oeil sur le décor. Nous étions près d'une centaine, inconfortablement entassés dans une modeste salle paroissiale adjacente à l'église. Le café coulait à flots. Un peu partout, il y avait des slogans affichés au mur: "L'important d'abord; Pensez, méditez, pensez! Par la grâce de Dieu". J'ai sursauté. Décidément, cette soirée paroissiale s'annonçait mal et je n'appréciais guère le fait de me retrouver là "par la grâce de Dieu"!
    Puis mon regard s'est posé sur un poster intitulé: "Prière de la Sérénité". On lisait: "Mon Dieu, donner-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne puis changer, le courage de changer les choses que je peux et la sagesse d'en connaître la différence". J'ai aimé ce texte. Enfin une prière intelligente! Et je me suis dit que j'aimerais bien rencontrer, un jour, un curé assez brillant pour accoucher d'une chose aussi remarquable. Quelques années plus tard, j'apprendrai que ce texte inspiré remonte au début de notre ère et qu'on l'attribue généralement à l'empereur romain Marc Aurèle persécuteur de la chrétienté, mais philosophe universellement reconnu pour sa sagesse. ça m'a presque rassuré de découvrir que la prière de la sérénité n'était pas l'oeuvre d'un curé!
    A 21h précises, la réunion débuta par la récitation de la Prière de la Sérénité. Elle se déroula selon le rituel traditionnel des AA. Ce fut une réunion assez semblable aux milliers d'autres que j'allais m'offrir dans les années subséquentes. Quelqu'un qui devint un de mes bons amis par la suite, raconta ouvertement ses expériences malheureuses d'alcoolique. Il parla beaucoup de réhabilitation et, à mon goût, beaucoup trop de Dieu. J'étais plus qu'agacé et, pour couronner le tout, la réunion se termina par la récitation du "Notre Père". Je ne savais vraiment plus quoi penser. On m'avait pourtant assuré qu'il s'agissait d'un mouvement spirituel et non religieux! M'avait-on tendu un guet-apens ? Qui étaient ces gens: de vrais alcooliques ou des sectaires déguisés?
    Pour en avoir le coeur net, je me procurai sur le champ toutes les publications disponibles et les dévorai en quelques jours. Mais en même temps que mes connaissances augmentaient, la lueur d'espoir s'évanouissait. Il ne semblait pas y avoir de place dans ce programme pour les athées, les agnostiques, les incroyants, les libres penseurs; en bout de ligne, il fallait en arriver à croire. Ors, je préférais retourner boire, plutôt que de croire! Malgré tout, j'ai persisté. Me sentant marginal, je me suis convaincu qu'il faudrait sans doute prospecter un certain temps avant de rencontrer quelqu'un de ma race. Pendant des années, ce fut l'échec total: tous ces maudits incroyants semblaient s'être convertis! De guerre lasse, j'ai finalement coupé tous les ponts avec les AA pendant un an. Je n'ai pas bu et je n'ai pas eu soif. Au retour de cette année sabbatique, j'ai eu la bonne fortune de dénicher quelques oiseaux rares qui ne croient pas en Dieu, eux non plus, mais qui peuvent témoigner de l'efficacité prouvée du programme des AA dans leur cas, tout comme je peux le faire moi-même aujourd'hui.
    Certes, nous n'avons pas choisi la voie la plus facile et mon cheminement personnel a été ponctué d'échecs pendant 10 ans. J'ai connu je ne sais plus trop combien de rechutes. Des récidives assez brèves dans l'ensemble, mais suffisamment nombreuses pour constituer un championnat. Chaque fois, je me rendais un peu plus loin, un peu plus bas, mais j'avais toujours le réflexe de revenir aux AA car il ne s'offrait vraiment aucun autre choix. Et je repartait à zéro, une journée à la fois. Je célébrerai bientôt mon quatrième anniversaire de sobriété continue et je me sens en parfaite harmonie avec moi-même et les autres..
    Pour y arriver, il m'a fallut intégrer progressivement le programme des AA dans ma vie et, pour ce faire, il m'a fallu modifier la lettre de certaines suggestions tout en respectant l'esprit. La philosophie des AA m'habite dans toute son orthodoxie, mais la langue des croyant n'est pas la mienne.
    Je crois pourtant à bon nombre de choses. J'en suis venu à croire, moi aussi, d'une certaine façon. J'ai cultivé une certaine foi. Je crois en l'efficacité des AA. Je crois aux forces vives de la vie. J'ai foi en moi, en les autres. J'ai vu des puissances supérieures à l'oeuvre et j'y crois. À la lumière de mes expériences, je ne saurais donc me définir comme incroyant, athée ou agnostique. M'étant affranchi de tout dogme religieux, je me qualifie plutôt de libre penseur et d'anticlérical. Donc, je ne crois ni en Dieu ni aux curés et, comme je ne cherche à convertir personne, j'éviterai de vous raconter comment j'en suis arrivé là. Je voudrais simplement apporter un peu d'espoir à celui qui souffre, parce qu'il doute. Je veux simplement dire à cette personne: "Même si tu n'as pas de Dieu tel que défini par les religions, tu as ta place chez les AA et nous sommes maintenant au moins quelques-uns pour t'accueillir."
    Quand on n'a pas Dieu dans sa vie, il faut parfois se raccrocher à une autre puissance supérieure. Il faut utiliser d'autres moyens, recourir à d'autres outils et les AA n'en manquent pas. Il existe aussi d'autres solutions à l'extérieur du Mouvement. Par exemple un traitement psychiatrique s'est avéré nécessaire dans mon cas pendant plus de 16 ans. Les médicaments aussi, pendant plus de 25 ans, mais je n'en ai jamais abusé. Croyez-moi, sans l'aide de la médecine, j'aurais probablement été interné à vie, il y a belle lurette. Et sans l'aide des AA, la médecine se serait avouée vaincue depuis longtemps. Car je ne connais aucun psychiatre ou psychologue ou psychanalyste, si brillant soit-il, qui puisse sauver un noyer de la noyade.
    Dans le cadre de mon cheminement spirituel, j'ai aussi fréquenté nombre de bons auteurs et de grands penseurs, à la recherche de réponses à mon angoisse existentielle. E particulier, j'ai beaucoup flirté du côté de la philosophie et vers 1965, j'ai trouvé aux Ètats-Unis un système d'une cohérence lumineuse et parfaitement bien adapté à mes préoccupations intellectuelles. C'est la philosophie de l'Objectivisme qui est essentiellement fondée sur la réalité et la logique.
    J'ai éprouvé les mêmes difficultés avec ce système philosophique qu'avec le programme des AA. Et sensiblement pour les mêmes raisons. Il ne suffit pas de comprendre intellectuellement une chose pour que cette chose arrive et qu'elle vous soit bénéfique. Encore faut-il, comme le suggère les AA, "mettre en pratique ces principes dans tous les domaines de sa vie". Il ne suffit pas de réfléchir: il faut... agir! Il faut qu'il y ait unité d'action et de pensée. Il faut que la pensée se reflète dans l'action, le geste et la parole. Il faut être rigoureusement honnête dans la recherche de la vérité. Il faut ensuite être cohérent dans l'action. La paix intérieure n'est possible qu'à ce prix et j'ai payé cher pour l'apprendre.
    Mais l'unité de pensée et d'action, quoique indispensable, ne nous rejoint pas nécessairement en profondeur, au niveau de nos émotions. L'émotivité et l'intelligence se situent à des paliers différents et n'obéissent pas aux mêmes règles: d'où la nécessité de s'attaquer résolument à ses problèmes psychologiques. Dans mon cas, j'ai dû passer par une thérapie professionnelle. Tel un ordinateur en bon état, mon système nerveux fonctionnait correctement. C'est donc ma programmation émotive qu'il a fallu refaire. Ce fut long et pénible, mais les résultats en valaient la peine. Aujourd'hui, les "tripes" sont en accord avec ma tête!l Enfin, mes pensées, mes actions et mes émotions sont en harmonien plus souvent qu'autrement. J'ai une personnalité unifiée. Certains commencent à appeler ça: "l'unité de la personne humaine". Je ne cherche plus la sérénité ailleurs: je l'ai!
    Plus besoin d'alcool, de médicaments, d'électrochocs, de psychiatre! Pas besoin de Dieu non plus! Fini de rêver au bonheur. Le bonheur est devenu ma réalité quotidienne...

    ANAELLE6
    Invité

    Cher Monsieur,

    Message par ANAELLE6 le Mer 27 Juil - 10:22

    J'ai beaucoup aimé votre récit.
    Mon mari est alcoolique, et cela fait 10 ans que je supporte.
    Il m'a énormément fait penser à vous, il n'est pas croyant alors que moi oui, il a fait trois stages en psychiatrie, trois cures de désintoxication et aujourd'hui il boit encore ses flash de whisky que je retrouve tous les jours dans chaque coin de la maison.
    J'ai l'impression de ne plus avoir de vie et que tout tourne autour de son problème.
    Nous avons 5 enfants au total, famille recomposée, une en commun.
    Pour moi personnellement c'est un vrai gâchis que de vivre ainsi.
    Nos amis, la famille ne vient plus à la maison, avec ce poison, nous sommes entrain de tout perdre et moi je suis encore là et je me demande pourquoi???
    J'aimerais que mon époux vous rencontre car je trouve votre parcours formidable car vous vous en êtes sorti et c'est merveilleux.. Bravo
    Je vous souhaite une agréable journée.
    Sylvie

    Invité
    Invité

    Re: MES DEUX ALLERGIES: L'ALCOOL ET DIEU

    Message par Invité le Jeu 28 Juil - 18:53

    http://alanon-francite.forumchti.com
    Ce site permet la rencontre et le partage de personnes ayant un proche dépendant de l'alcool.
    Lorsqu'il n'est plus possible de garder pour soi la souffrance afférente à la maladie alcoolique d'un proche, trouver sur ce site le moyen de comprendre ses douleurs et de les partager avec d'autres personnes ayant le même problème.

    Des amis sont prêts à t'aider à l'adresse ci-dessus. Ils ont vécu la même chose que toi et s'en sont sortis.

    jacquesgeai

    Age : 67
    Localisation : Belgique

    In Momerendum de Jacques F.

    Message par jacquesgeai le Mer 26 Oct - 6:45

    Réf.: TEMOIGNAGE EXTRAIT DU BIG BOOK DES ALCOOLIQUES ANONYMES.
    MES DEUX ALLERGIES: L'ALCOOL ET DIEU

    Bien le Bonjour les AAmis(es)

    Quelle belle journée un dimanche pour effectuer de telles trouvailles…Celle-ci date du 2 février, dans ce forum, ce post, publié par « Invité » dans le plus grand anonymat qui soit, ne sachant pas même s’il s’agit d’un homme ou d’une femme…Que je remercie tout de même infiniment.



    Voilà ma découverte en ce 14 août… Que je vous fais parvenir ce 26 octobre 2011 ? Vaut mieux tard que jamais...

    ...Voici donc le récit d’un ami, Jacques F. que fraternellement nous appelions Monsieur F. Par la suite, il aimait utiliser son nom de famille que je tairai ici…Il était cet anticonformiste qui tout comme ces tendances plutôt agnostiques, donnait la plupart du temps dans la contradiction, puisque, comme je lui ai souvent souligné, c’est une spiritualité sans dogme qu’il préconisait. En cela il a contribué à remettre certaines pendules à l’heure, concernant la foi en une PS, manifestée pour lui, davantage, dans une conscience d’un groupe éclairée par le consensus de membres qui s’expriment librement.

    C’est cet état d’Âme qu’il communiquait, ne se servant que notre seule méthode, pour illustrer l’espoir tangible que tout être humain honnête, peut espérer accomplir, cela pour lui, ne souffrait aucune exception, comme Bill W., il témoignait que jamais n’avions-nous vu faillir à la tâche… Celles et ceux qui se sont engagés dans la même voie que nous…Et qui mettaient en pratique cette simple méthode, ce simple programme. En cela, il savait convaincre sans jamais donner l’heure… à qui que ce soit ? Ou presque… Nul n’est parfait en ce monde, plus la défaillance nous accable, plus l’on se voit solliciter du désir de vaincre et de performer… Le mal finit toujours par avoir raison sur le combat des faibles. Seule la volonté de Dieu, tel que chacun le conçois, peut servir en faisant du bien au mal… Ma seule bonne volonté ne suffit pas, il me faut confier, me confier entièrement… Tout bonnement, chercher à accomplir cette Divine volonté…Alors le mal n’a plus d’emprise sur mes faiblesses, c’est Dieu qui s’en charge.

    Comme pour l’Alcool, la dope, la clope, de tout cela je me suis vu libéré…Mais encore, n’étant pas un saint et ne prévoyant pas le devenir d’ici jeudi ! Il me reste alors encore beaucoup de domaines sur lesquels, je me dois d’améliorer la qualité de ma foi, pour accomplir le mieux possible, cette Divine Volonté.

    Ce cher Jacques F. m’a à de multiples occasions, remis sur la voie de la juste mesure, dans l’application des principes AA... Les traditions certes mais plus encore, nous rendait-il accessible une meilleure compréhension des concepts…Notre charte des droits et libertés, nous disait-il ? En autant qu’ils soient dénués de fausses interprétations. Je prends exemple ici, au fait que chercher à dominer, outrageusement autrui est en soi, une absurdité, Bref il en a inspiré plusieurs, mais hélas n’a jamais selon moi, été reconnu à sa juste valeur… C’est le lot des grands personnages, qui loin d’être vaniteux demeurent aux services de ses semblables. Davantage encore, lorsqu’ils sont vrais, honnêtes et anonymes.

    Quelle belle trouvaille que de découvrir ici sur le forum Francité, de tels souvenirs de mes tout débuts, dans les services AA. Ma rencontre avec un modèle, un mentor, un vivant exemple de ce que AA me suggérait de devenir, soit un serviteur de confiance, Jacques fut pour moi, l’inspiration qui m’a permis de vaincre l’alcool, par le développement habile de ce mode de vie, de l’action d’entraide qu’il avait à cœur de transmettre jour après jour.
    Je l’ai rencontré la première fois, à un meeting du genre Podium, (Groupe Premier jour) lors d’une de ses conférences ou partages, dont il est coutume au Québec d’assister. (80 à 90% de nos réunions sont du genre podium et oui ça marche…Non pas par notre grâce !...Mais ça marche !)

    …C’était d’ailleurs un orateur hors pair. Il avait le don de rendre son message des plus intéressants… Mais jamais il était ni suffisant, ni hautain, il rendait l’humour complice de cet Amour qu’il éprouvait pour le mouvement, ces raisonnements étaient d’une logique déconcertante.

    J’ai par la suite participé avec quelques AAmis(es) de l’époque, à la création du comité régional des services offerts aux groupes. (Comité régional du « Service aux groupes »). C’est alors, que dans les années nonante, nous avons vécu les beaux jours de ce que nous avons longuement appelés, "L’école des RSG"… Toujours en agissant dans un esprit de groupe démocratique. C’est là, que j’ai fait mes classes et qu’à tous les deux ou trois ans, je refais mes devoirs…

    Je fais maintenant partie de l’équipe du comité du « Service aux Groupe » ou module d’inventaire et de lignes de conduite, soit pour le Groupe,( là où tout commence…) Tout comme à chaque entité de la structure AA, district, région ou territoire et jusqu’à la conférence de New-York… Que je laisse à d’autres le soin d’animer…

    Je me souviendrai longtemps de mes débuts avec Jacques F., lorsque nous préparions le café pour ces centaines d’alcooliques assoiffés de sobriété… et qui même aujourd’hui, font la file pour assister aux différents témoignages AA, lors des congrès régionaux, dont nous servons encore si fièrement la cause. J’ai beaucoup appris de cet être exceptionnel qui su rester abstinent pendant plus de trente-cinq ans, contre vents et marrées…Et Dieu sait, qu’il en eut de ces tempêtes, qu’il a dû affronter sans compter, ses nombreuses déficiences, tel la "Bipolarité", sa dépendance chronique à la nicotine, dont l’emphysème a finit par emporter, tout de même à septante ans-neuf ans, il y aura un an, en décembre 2011.

    Je me souviens de son récit expliquant comment cette maniaco-dépression, dont on ignorait même le nom à l’époque, lui rendait la vie insupportable et qu’alors, il se rendait lui-même en psychiatrie pour se voir administrer des électrochocs, ces décharges électriques au cerveau, qu’il consentait volontairement à recevoir, puisque c’était de ses propres dires, le seul moyen d’atténuer les affres des ces phobies, angoisses et maux de tête insupportables, qui le déchiraient de l’intérieur.

    L’important pour lui, comme pour nous tous, malades alcooliques, demeurait incontestablement, de ne pas prendre ce premier verre. Le reste pouvait être réglé sans trop de conséquences… Et pourtant, sa fin en fut une assez pénible ma foi ! Peut-être aurait-il fallu, qu’il se conceptualise une PS à la hauteur de ces déficiences ? Qu’en sais-je ? Je sais toutefois une chose, c’est que malgré tout, il fut pour moi et plusieurs autres de sa génération comme de la mienne, une source d’inspirations. Plus est, jamais je n’ai entendu cet homme se plaindre d’une quelconque douleur, quelle qu’elle soit. AA est rempli de ces femmes et hommes qui ensemble, d’une main tendue, non plus pour prendre ni se servir, mais bien pour donner, se donner et servir simplement, honnêtement et humblement.

    Un jour à la fois cela se fait, et de temps en temps, un petit miracle vient revigorer notre enjouement, nous motive à nouveau, nous encourage à poursuivre le chemin, pas à pas, tranquillement pas vite, vers un mieux être continu, abstinent et constant…
    :Un jour ...: :important: :ensemble:

    AA pour cet autre 24 heures de rémission !

    Bien à vous les AAmis(es) de Francité… :sun:

    Jackgeai, :flower: Alcoolique abstinent, en constant rétablissement.




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